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Qui peut exercer le métier de journaliste?

Au Québec, le journalisme est un métier très ouvert où tout le monde peut tenter sa chance. Le journalisme, contrairement à des professions comme celles de médecin, d’avocat, d’arpenteur-géomètre ou de psychologue, n’est pas réglementé ni contingenté par un ordre professionnel.

Il n’y a donc aucune condition préalable d’ordre légal à sa pratique : pas besoin d’une scolarité précise établie par règlement, pas de stage obligatoire en entreprise avant d’exercer le métier, pas d’examen d’entrée dans la profession, pas d’obligation légale d’adhérer à un ordre professionnel, pas d’obligation de détenir une carte de presse pour faire du journalisme (d’ailleurs il n’existe pas de carte de presse qui soit reconnue par la loi)…

La grande majorité des journalistes de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec ont toujours voulu cette liberté pour éviter que les journalistes ne forment un milieu trop homogène, pour que la liberté d’expression ne soit pas réservée à un petit groupe de gens, mais aussi pour que la presse puisse vivre dans le climat de grande liberté qui lui est indispensable.

Un journaliste, c’est donc tout simplement une personne qui a comme occupation principale, régulière et rétribuée l’exercice d’une fonction de journaliste pour le compte d’une ou de plusieurs entreprises de presse. Selon cette définition, le recensement annuel de la FPJQ dénombre environ 3500 journalistes au Québec. Pour plus de détails sur notre définition, voir la section « Les membres » dans le site de la FPJQ.

La nature du travail

Le journaliste est avant tout un témoin qui rapporte le plus fidèlement possible les faits importants de la vie de notre société. Il est responsable d’une bonne partie de l’information de ses concitoyens et en ce sens il joue un rôle très important dans une démocratie. Sans information adéquate, les citoyens peuvent difficilement poser des choix éclairés, quand vient le temps de voter par exemple ou de prendre position sur une multitude de questions. C’est pourquoi le droit à l’information est un droit individuel si important.

Pour plusieurs personnes, le métier de journaliste est attirant parce qu’il semble permettre d’exprimer ses opinions, de faire des voyages et qu’il donne éventuellement accès à une sorte de statut de vedette. Cette manière de voir le métier ne correspond pas à ce qu’il est en règle générale. Le journalisme n’est pas une variété du showbizz.

Dans la vraie vie, peu de journalistes sont payés pour donner leurs opinions. Dans la tradition du journalisme nord-américain qui est la nôtre, le journaliste est embauché pour rendre compte des faits, pas pour les commenter, sauf dans quelques cas précis : les éditorialistes et les chroniqueurs principalement, ou encore dans certains types de journalisme comme le journalisme culturel. Mais, on s’en doute, les postes d’éditorialiste ou de chroniqueur sont rares et le plus souvent réservés à des journalistes qui ont déjà accumulé une vaste expérience de reporter sur le terrain.

Il en va de même pour les voyages. Seule une petite minorité de journalistes a l’occasion de faire des reportages à l’étranger. Quelques très rares journalistes sont correspondants à l’extérieur du Québec pour des médias québécois. Dans les médias moyens et petits, il est généralement peu ou pas question de voyages.

Généraliste ou spécialiste?

La plupart des journalistes doivent être prêts à couvrir n’importe quel domaine de l’activité humaine : l’économie, la politique, les arts, les faits divers, les sciences, les sports, les phénomènes sociaux… Pour bien faire son travail il doit disposer de la plus vaste culture générale possible. La personne qui croit que Jean Lesage est seulement une autoroute n’est certainement pas de taille à informer adéquatement ses concitoyens.

Un journaliste commence en général sa carrière en devant couvrir à peu près n’importe quoi et il doit être capable de bien le faire. Mais comme le marché des périodiques est structuré autour de thèmes spécialisés (magazines de plein air, de sciences, d’économie, de mode etc.) de plus en plus de journalistes développeront des relations privilégiées avec quelques publications, et travailleront dans un nombre restreint de domaines (des « beats » dans le jargon du métier). Cette spécialisation permet au journaliste de mieux suivre les développements des secteurs couverts, et de connaître les réseaux d’informateurs pertinents. D’autre part, il arrive qu’un journaliste change de « beat » au cours de sa carrière, et il est bon de garder un esprit très ouvert à tous les domaines de couverture.

On retrouve les journalistes spécialisés dans les grands médias d’information générale (quotidiens, télévisions, grands magazines) aux côtés de journalistes affectés au secteur « général ». Par contre, les petits médias à vocation générale préfèrent les journalistes polyvalents. C’est le cas des hebdos régionaux par exemple où, dans bien des cas, il n’y a qu’un ou deux journalistes en poste.

Ce type de polyvalence chez un journaliste est généralement un atout. Il faut même penser à la polyvalence entre diverses tâches et divers types de médias. En télévision, les tendances actuelles décloisonnent les divers métiers (recherchiste, journaliste, réalisateur, monteur, caméraman) et il n’est pas rare qu’un journaliste radio se retrouve à la télévision, qu’un journaliste de la presse écrite se retrouve en presse électronique ou vice-versa.

Les qualités requises

On ne peut songer à une carrière en journalisme sans avoir certaines qualités. Lesquelles? La curiosité intellectuelle; la parfaite maîtrise de la langue française (si on compte travailler dans un média francophone). Il faut pouvoir s’exprimer avec aisance et simplicité et posséder des dons de vulgarisateur car il faut avant tout se faire comprendre d’un large public et réussir à lui transmettre l’information. La connaissance de l’anglais est aussi indispensable et il n’est évidemment pas mauvais de connaître une troisième langue qui peut permettre d’ouvrir certaines portes interdites à d’autres journalistes.

Le candidat journaliste doit aussi faire preuve de rigueur intellectuelle et de logique. Il doit être vite capable de déceler les failles dans l’argumentation d’un interlocuteur, de mettre à jour les contradictions d’un discours, d’y repérer les éléments vraiment nouveaux, il doit savoir déjouer les personnes qui ne manqueront pas de chercher à le manipuler pour faire passer leur message dans les médias.

Il doit aussi afficher un bon sens de l’analyse et de la synthèse. Parfois il n’aura que quelques minutes pour prendre connaissance d’un volumineux document, en saisir les lignes de force et en restituer l’essentiel en quelques paragraphes ou en quelques dizaines de secondes. Le journaliste doit jouir d’un bon jugement. Il lui faut quotidiennement choisir parmi des informations très nombreuses afin de diffuser celles qui sont les plus pertinentes pour son public. Un dossier de recherche épais de deux centimètres peut donner lieu à un article d’à peine trente lignes. C’est au journaliste de choisir ce qui est le plus important. L’atout le plus important du journaliste est de pouvoir structurer rapidement sa pensée, de pouvoir enchaîner logiquement les informations qui sont liées et de rendre claires les relations entre les faits.

On ne doit pas oublier de mentionner aussi la débrouillardise et l’initiative. Une personne timide sera fort malheureuse en journalisme alors qu’elle aura à rencontrer beaucoup de gens différents et qu’elle devra donner d’innombrables coups de téléphone chaque jour. Elle doit trouver les moyens de vaincre les obstacles qui l’empêchent d’avoir accès à l’information qu’elle cherche. La bonne information n’est pas toujours évidente et elle est rarement offerte sur un plateau d’argent. On doit parfois chercher très fort les sources d’information utiles et se montrer capable de développer un vaste réseau de contacts.

Le journaliste sera aussi doté d’un bon sens critique. Il n’accepte jamais comme des vérités ce qu’on lui dit, même si son interlocuteur lui apparaît crédible. Il va contrevérifier auprès d’autres sources. Il sait que des gens cherchent à lui faire dire ou écrire des choses qui servent leurs propres intérêts, mais qui ne sont pas toujours une représentation fidèle ou complète de la réalité. Le journaliste doit toujours douter et chercher l’autre côté de la médaille.

Voilà bien des qualités sans doute. Et on peut en rajouter comme le sens de l’éthique et la vitesse d’exécution qui est essentielle car le journaliste n’a souvent que quelques heures, ou même moins, pour réaliser ses reportages. Dans bien des cas, à la radio par exemple, il doit parfois pouvoir couvrir trois ou quatre conférences de presse par jour. Il faut donc aimer travailler sous la pression du « deadline » et être capable de livrer ses reportages à temps.

La formation

La personne qui veut devenir journaliste peut suivre différents profils de formation, en sachant toutefois qu’un pourcentage de plus en plus élevé de journalistes détient un baccalauréat universitaire et que les entreprises de presse tendent à accorder la préférence dans l’embauche aux détenteurs d’une formation universitaire.

Quelles études universitaires? Ce peut être en droit, en sciences politiques, en économie, en histoire, en biologie… en fait en à peu près n’importe quoi. Par après, il reste à ce diplômé à apprendre les techniques propres au journalisme, mais il possède déjà en principe de bonnes connaissances et une bonne méthodologie intellectuelle. Les techniques du journalisme sont enseignées dans différentes institutions, mais beaucoup de journalistes les ont appris sur le tas, par la pratique. Il va de soi cependant que des cours appropriés accélèrent grandement cet apprentissage.

On peut choisir un des cours en communications-journalisme qui se donnent dans toutes les universités du Québec. À l’Université Laval, le journalisme est enseigné à l’intérieur d’un programme qui comprend aussi les relations publiques. Il y existe également un cours de deuxième cycle en journalisme. À l’UQAM, il existe un baccalauréat en journalisme. C’est le seul bacc en français au Québec. L’Université Concordia offre déjà un tel bacc en anglais. L’Université de Montréal, quant à elle, offre un certificat en journalisme qui se donne le soir et qui est un programme de premier cycle. Le CEGEP de Jonquière donne un programme appelé Arts et technologie des médias qui permet de s’initier aux différentes techniques journalistiques. La Cité collégiale à Ottawa fait de même. Il existe enfin quelques écoles privées ou même des médias communautaires qui offrent des cours plus ou moins spécialisés sur un aspect ou l’autre du journalisme. Voir la section du site de la FPJQ intitulée Organismes et sites.

Les entreprises de presse embauchent sans doute de plus en plus de finissants des programmes de communication-journalisme, mais ce n’est pas la seule porte d’entrée dans le métier. Certains médias n’hésitent pas à se tourner vers des personnes qui ont une bonne formation dans une matière spécifique qui n’est pas le journalisme.

Expérience

On ne saurait trop recommander à une personne qui veut se lancer en journalisme de prendre de l’expérience tout de suite, à titre de bénévole dans des médias communautaires, ethniques ou étudiants par exemple. C’est souvent ainsi, par ce bénévolat, qu’on peut savoir si le métier nous intéresse vraiment, et qu’on peut apprendre beaucoup des techniques qui nous seront utiles tout au cours de notre vie professionnelle.

Ensuite, l’aspirant-journaliste pourra proposer des articles à des hebdos, des publications spécialisées ou des magazines, et se monter un portefolio d’articles vendus à la pige. En général, ces collaborations ne sont pas très bien rémunérées au début, d’autant plus que les journalistes sans expérience doivent souvent travailler encore plus fort pour produire leurs premiers textes. Mais il faut voir ces premiers essais comme un parcours d’entrée au métier, une forme de stage de formation.

Si on attend l’emploi permanent dans une grande salle de rédaction pour écrire notre premier reportage, celui-ci risque fort de ne jamais voir le jour. N’oublions pas qu’un journaliste est généralement embauché sur la base de sa production antérieure. C’est notamment là-dessus qu’on peut le juger. Si quelqu’un peut faire valoir des articles écrits dans le journal de son CEGEP par exemple, c’est déjà un net avantage par rapport à celui ou celle qui n’a jamais rien écrit.

Le marché du travail

Depuis quelques années, le nombre de journalistes a eu tendance à diminuer dans les salles de rédaction de plusieurs grands médias, avec une légère remontée vers 1998. Les postes permanents sont rares, ce qui est d’ailleurs le cas d’un grand nombre de secteurs d’emploi. Il faut prévoir commencer sa carrière comme pigiste, surnuméraire ou contractuel. Travailler comme pigiste veut simplement dire que le journaliste, au lieu de recevoir un salaire fixe toutes les deux semaines comme un salarié, gagne son pain en vendant des reportages à la pièce à diverses entreprises de presse. S’il ne vend pas, il n’a aucune rémunération. Mais la nature du travail est la même, qu’on soit pigiste ou salarié.

La concurrence est rude puisque, comme on l’a dit, n’importe qui du jour au lendemain, peut tenter de se tailler une place comme journaliste. Il existe un grand nombre de gens qui s’engagent dans la voie du journalisme à la pige. Les tarifs sont variables mais une personne doit s’attendre à travailler très fort pour se procurer un revenu décent. En presse écrite, les articles sont généralement vendus au feuillet (25 lignes X 60 frappes) dont le tarif oscille entre 25 $ dans les hebdos régionaux et les magazines moins fortunés et 130$ dans ceux qui paient le mieux (ils sont peu nombreux, mais les tarifs qu’ils offrent à leurs meilleurs journalistes peuvent parfois atteindre 200$ le feuillet). En moyenne, un feuillet rapporte entre 50 $ et 80 $. Il n’existe rien qui ressemble à des tarifs minimum.

Le marché de la pige au Québec compte autour de 300 journalistes réguliers et sans doute autant de collaborateurs plus ou moins occasionnels qui ne vivent pas principalement du journalisme. La majorité d’entre eux ont peine à vivre exclusivement de leur travail de journaliste, et ne demeurent à la pige que faute d’avoir pu obtenir un emploi régulier.

Mais certains journalistes préfèrent la liberté des horaires et la diversité des contrats que permet le travail à la pige, et choisissent de demeurer « indépendants » même lorsqu’on leur offre un emploi à temps plein dans une entreprise de presse. Le Québec compte quelques dizaines de journalistes qui arrivent à vivre très bien (plus de 50 000$ par année) de leurs articles ou de leurs recherches vendus à la pièce, mais cela demeure l’exception.

Dans la presse électronique, on parle plutôt de contrats, généralement attribués pour la durée d’une saison de production (par exemple de septembre à décembre) et éventuellement renouvelables. Il y a notamment des postes de recherchiste dont on ne retrouve pas l’équivalent dans la presse écrite. Là encore, la rémunération varie selon l’entreprise. Une grande entreprise paie mieux la plupart du temps qu’une petite. Dans bien des cas, des journalistes gardent le statut de contractuel pendant des années, et doivent chercher de nouveaux contrats chaque saison. Les grands réseaux de télévision attribuent de plus en plus des sous-contrats à des producteurs privées pour produire un grand nombre d’émissions. Ces producteurs privés embauchent à leur tour des contractuels.

La période de l’été est souvent un bon moment pour mettre le pied dans un média à titre de relève d’été ou de stagiaire. Beaucoup de journalistes réguliers sont en vacances, et les médias électroniques embauchent de jeunes journalistes pour les remplacer. Dans certains quotidiens, il y a aussi des programmes de stages durant cette période. Il faut s’informer dès le début de l’année car la sélection des stagiaires se fait tôt au printemps.

Il est difficile pour nous de dire si le marché de l’emploi en journalisme va s’améliorer. Plusieurs salles de rédaction sont engagées depuis quelque temps dans un processus de rajeunissement de leurs effectifs. On peut croire qu’une personne qualifiée, motivée, peut se tailler une place dans le monde du journalisme. Des rédacteurs en chef nous confient que malgré le grand nombre de pigistes sur le marché, ils n’ont pas nécessairement sous la main les pigistes compétents qu’ils souhaitent.

Le salaire d’un journaliste permanent d’une grande entreprise de presse peut se situer en moyenne à 50 000$ après quelques années d’expérience. Par contre, un pigiste qui débute pourra avoir de la difficulté à gagner 15 000$ ou 20 000$, et le salarié d’un hebdo pourra toucher entre 20 000$ et 35 000$ après plusieurs années d’expérience.

Nous vous encourageons à faire les efforts nécessaires pour vous préparer à la carrière de journaliste. Il y a place pour les personnes talentueuses.

À l’intention des journalistes étrangers qui veulent venir au Québec

Plusieurs journalistes francophones de l’extérieur du Québec nous demandent s’ils peuvent espérer pratiquer leur métier au Québec. Voici une réponse générale qui, je l’espère, vous éclairera un peu.

Au Québec, le métier de journaliste est d’un accès absolument libre. Dans le texte ci-haut, “Devenir journaliste”, vous trouvez des détails à ce propos. Le texte a été rédigé à l’intention des jeunes, mais certains éléments peuvent néanmoins vous être utiles.

Nous avons contacté deux journalistes d’origine française membres de la FPJQ pour connaître leur expérience et les conseils qu’elles pourraient donner à des journalistes de l’extérieur. L’une est ici depuis 6 ans. Elle a déjà travaillé 5 ans au Figaro, entre autres choses, et l’autre est arrivée au Québec il y a 18 mois après une carrière de 20 ans comme secrétaire de rédaction au défunt journal Le Provençal.

Le premier conseil qu’elles prodiguent est de venir d’abord faire de courts séjours ici dans le but de faire des contacts et de tâter le terrain. L’une et l’autre avaient fait cinq ou six voyages au Québec avant de venir s’y établir. Lorsque vous ferez par la suite votre demande de visa à la Délégation générale du Québec à Paris ou l’équivalent ailleurs, si vous désirez toujours immigrer, le sérieux de votre préparation sera pris en compte, et les noms de contacts déjà établis impressionnera favorablement. Soit dit en passant, l’une de ces journalistes m’affirme qu’au-delà de 40 ans, le visa est passablement plus difficile à obtenir, mais pas impossible. Elle en est la preuve.

Une fois au Québec pendant vos séjours, vous pourrez identifier les médias qui vous intéressent et demander des rendez-vous avec des responsables de rédaction en expliquant que vous venez prospecter le terrain. Une des deux journalistes l’a fait sans difficultés. Les journalistes étrangers de passage notent souvent qu’il y a beaucoup moins de barrières protocolaires ici qu’en France par exemple, ce qui est un atout dont vous pouvez tirer parti.

Faire sa place sur le marché est passablement plus difficile. Il faut d’abord avoir avec soi de quoi tenir le coup financièrement pendant disons 18 mois. De toute façon, ce pécule est une exigence des autorités de l’immigration. Secundo, vous allez souvent vous buter à la question suivante, peu importe votre expérience dans un autre pays : « Quelle est votre expérience journalistique au Québec? » De prime abord, les rédactions risquent de manifester une certaine méfiance, qui n’est pas insurmontable. Dites-vous que le journalisme à l’étranger et le journalisme au Québec ne se pratiquent pas tout à fait de la même manière, qu’il y a des différences notamment dans l’approche et le style. Nous n’avons pas d’étude comparée, mais certains disent que le style du journalisme français par exemple est plus littéraire, plus « fleuri », voire plus teinté d’opinions que le courant majoritaire du journalisme québécois axé sur le journalisme américain « les faits, les faits, les faits ». En plus, il est normal qu’au départ vous connaissiez mal le Québec, comme tout nouvel arrivant, ce qui peut contribuer à la méfiance des rédacteurs en chef. Il vous faudra prévoir, nous disait une de nos correspondantes, une période d’étude intensive de la société, condition indispensable à l’exercice du métier.

En troisième lieu, il vous faudra faire preuve d’une certaine dose d’humilité. Vous commencerez presque nécessairement votre nouvelle carrière ici à titre de pigiste. Or la pige c’est la jungle complète, ou la liberté complète selon les points de vue. Par exemple la Loi sur la presse ici tiendrait en une seule page A4, alors qu’en France les textes de loi sur la presse sont beaucoup plus détaillés et volumineux. En France, sauf erreur, il existe des conditions de travail minimales pour les pigistes, même si on dit qu’elles ne sont pas toujours respectées. Ici, il n’y a strictement rien, et les tarifs au feuillet des piges sont très bas. Vous n’aurez pas grand poids contre les volontés des réd-chefs. Il y a moins de stabilité dans l’emploi qu’en France nous faisait remarquer une des deux journalistes, qui ajoutait qu’il faut ici continuellement poursuivre sa formation pour aller de l’avant. On ne trouve pas beaucoup de place en journalisme pour les esprits ronds de cuir qui se contentent de vivre sur leurs acquis.

Quatrièmement, attendez-vous éventuellement à ne pas travailler tout de suite dans les médias de vos rêves. Il pourrait arriver que vous collaboriez, le temps de vous initier au Québec, à des médias de moindre prestige ou dans des secteurs qui ne vous sont pas familiers.

Cela étant dit, et avec les bémols plus haut, il est possible de se faire une place ici en journalisme. Une journaliste française, par exemple, était déjà rédactrice en chef adjointe d’un magazine de voyages quelques mois à peine après son arrivée, une des deux journalistes françaises a été rédactrice en chef d’un magazine de décoration jusqu’à récemment (alors qu’elle n’avait jamais œuvré dans cette spécialité lorsqu’elle était en France!). L’autre journaliste de France fait du reportage sur le plein air et le tourisme, ce qu’elle ne faisait évidemment pas comme secrétaire de rédaction...

Pour en savoir davantage, vous pouvez vous inscrire sur notre liste de discussion (suivre les instructions sur le site de la FPJQ à la section « Liste de discussion ») et lire des articles du magazine Le 30, le magazine du journalisme québécois, également sur le site de la FPJQ, pour prendre le pouls du milieu journalistique.

Le texte original de cette page se trouve sur le site de la FPJQ :

Fédération professionnelle des journalistes du Québec.Devenir journaliste, [http://www.fpjq.org/] (site consulté le 12 mai 2005).

Voir aussi le texte « Conseils aux aspirants journalistes » du directeur des ressources humaines de la Presse Canadienne

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